ÉCONOMIE
La
hausse du prix des transports, un poids de plus
pour les ménages gabonais
Trois mois après avoir célébré
avec faste 2007, les compatriotes se rendent
déjà à l'évidence : c'est une année de
turbulences, malgré les mesures sociales
annoncées par l'exécutif. La grève des taximen
vient d'en donner le premier exemple.
APRÈS les mouvements sociaux
enregistrés notamment dans les secteurs de
l'éducation nationale et de l'enseignement
supérieur, puis les délestages sous lesquels
dame SEM a plongé les consommateurs pendant
quelques semaines. En passant par la hausse ( 25
%o) des produits pétroliers à la pompe,
notamment le super et le gasoil, les Gabonais
viennent de connaître une nouvelle secousse.
Celle dont l'onde de choc provient de la grève
entretenue par les taximen et autres
transporteurs péri-urbains pendant deux jours,
conséquence directe de a hausse du carburant.
Ils ont alors décidé de retirer la clé de
contact pour protester contre la mesure
gouvernementale. Ceux qui ont exercé leur
activité se sont engagés dans la surenchère.
Les riverains qui n'ont pour
seuls moyens de transport que ces véhicules à
usage commercial ont vécu tout genre de scénario
lundi et mardi de l'abandon de certains
compatriotes à l'exigence par les
taximen de montants
exorbitants pour rallier deux points de la
ville. A partir de 21 heures où les tarifs sont
doublés, les transporteurs ont - exigé à
certains clients de débourser 400 à 500 francs
pour des petits trajets pour lesquels ils payent
souvent 200 francs. La spéculation s'est
installée.
SATISFACTION DES BESOINS.
La hausse des carburants ajoutée à celle du
tarif des transports constitueraient un frein
considérable sur le niveau de consommation des
ménages. Surtout pour les salariés moyens, en
dépit des mesures sociales dernièrement prises
par le gouvernement. Notamment celle qui
institue la gratuité de l'eau et du courant, en
plus de celle des soins médicaux pour les
ménages les plus modestes.
Selon un compatriote - il vit
à Nzeng-Ayong et travaille à la zone
industrielle –inquiété par la menace des taximen
et autres transporteurs périurbains (qui ont
leurs raisons), ses dépenses quotidiennes en
taxi s'élèvent actuellement à 600 francs pour un
revenu mensuel de 100 000 francs CFA. Une
éventuelle hausse de 100 % sur les tarifs de
transport le contraindrait à consacrer par mois
la somme de 31 200 francs (1200 x 26 jours) pour
ses déplacements d'ordre professionnels. Afin
d'assurer le reste de ses besoins (logement et
alimentation), cet employé ne disposera plus que
de 68 800 francs.
Relevons qu'en principe,
aucun employé n'est censé travailler pour
s'appauvrir, à l'instar des «peones » du Brésil
(esclaves de génération en génération qui
travaillaient pour rembourser les dettes
contractées par leurs ascendants). Mais pour
améliorer un tant soit peu le vécu quotidien,
telle que le démontre la célèbre pyramide
d'Abraham Maslow. Pour cet économiste, tout
employeur doit exercer une fonction sociale sur
ses employés. Lesquels ont des aspirations à
réaliser. Pour Maslow, le salaire de tout
travailleur doit lui permettre de répondre à ses
« besoins physiologiques ou élémentaires « (faim
et soif par exemple). Ensuite viennent les «
besoins de sécurité » qui sont eux, relatifs à
la garantie d'un emploi stable et l'obtention
d'un habitat décent. Sur une strate supérieure
de la pyramide de Maslow, il y a les « besoins
d'appartenance » à un groupe (politique,
religieux, socioculturel, etc.). Les besoins de
« reconnaissance » (médailles et autres
distinctions), et « d'accomplissement » sont
ceux qui consacrent l'existence d'un
salarié.
L'Etat qui est alors le
premier pourvoyeur d'emplois doit davantage se
pencher sur sa fonction sociale pour atténuer
les effets de cette inflation dans les
transports. Laquelle risque de considérablement
précariser les ménages gabonais. Face à cette
situation, le gouvernement a là, de bonnes
raisons de relancer de façon plus dynamique le
transport urbain dans notre pays. Et partant,
l'activité de la Société gabonaise des
transports (Sogatra).