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Le quotidien l'Union du 22 Mars 2007

 

ENTREPRISE

Gabon Télécom ; Laarabi parie sur un climat de confiance générale face à l'avenir

Un peu plus d'un mois après la fin du processus de privatisation de Gabon Télécom, repris par le Groupe Maroc Télécom, son nouveau patron, Mostapha Laarabi, est descendu du 6è étage du siège pour aller à la rencontre de la base. Son message : « rester concentré sur les objectifs de l'entreprise».

SON bureau ? Une simple table sur laquelle est posé un ordinateur, des piles de documents sur le secteur pointu des télécommunications la réalité de l'entreprise, ainsi que les audits effectués concernant le patrimoine matériel et immobilier de Gabon Télécom... Au sol, point de moquette, rompant ainsi avec l' atmosphère feutrée de jadis, remarquable par la présence de rideaux épais au mur, ainsi que de trois splits extrêmement performants.

A ce propos, avant-hier, on a noté qu'il n'en reste plus qu'un seul pour alimenter cet espace spacieux. Ce détail n'est pas banal. Au contraire, il peut être un indice significatif, sur la base duquel chacun va vérifier que le nouveau patron s'engage à faire ce qu'il dit pour loger tout le monde à la même enseigne. D' ailleurs, vendredi 16 mars, la « transparence » est l'un de ses maîtres-mots, répété plusieurs fois dans le discours développé devant les 1400 employés issus de Libertis et Gabon Télécom, appelés dorénavant à former une seule et unique entité, placée sous l'autorité de M. Mostapha Laarabi.

Première rencontre avec l'ensemble du personnel, depuis que le Groupe Maroc Télécom a acquis 51 % des parts dans Gabon Télécom, contre 49% pour l' Etat gabonais, elle intervient après plusieurs réunions tenues avec les responsables nationaux et expatriés de l'entreprise. Objectif avoué par le directeur général: « se faire connaître » de tous et entreprendre de «connaître» les salariés. Ces derniers ont apprécié la démarche. Pour lui, une telle rencontre était devenue indispensable, même s'il souhaitait la tenir un peu plus tard, pour dissiper les zone d'ombre volontairement entretenues par la peur du changement de cap et du renouvellement des énergies perceptible chez nombre d employés accrochés à leurs positions et titres, sans prendre en compte la raison de vivre de l'entreprise.

L'héritage de gestion n'est pas reluisant. C'est peu dire, étant donné qu'«elle est connue de tous» d'après M. Laarabi expliquant qu'«elle n'est très bonne». Ajuste titre, si l'on s'en tient au simple fait que Libertis, pour ne pas la citer, a perdu à elle seule en 2005 pas moins de 2 milliards de FCFA. En 2006, également, ces pertes financières sont allées crescendo. Par contre, ce que tous ne connaissaient pas d'avance, c'est la stratégie de la nouvelle équipe pour changer cette donne négative d'ensemble, mais curieuse dans un secteur des télécommunications jugé rentable à l'échelle mondiale.

Dores et déjà, il fait savoir que des audits pour mieux connaître l' état des lieux ont été menés à leur terme, dans le même souci de «transparence» en vue d'une meilleure lisibilité de l' avenir. Il est plausible, depuis un mois, que la direction générale a marqué de bons points sur le terrain de la rigueur au travail.

Par le passé, ce n'était ni la marque de Libertis, ni celle de Gabon Télécom. A ce jour, « les indicateurs de gestion sont encourageants» assure le patron en se gardant volontiers d'aller en détails sous les yeux de la concurrence.

Du coin, Mostapha Laarabi a laisse percer les grandes lignes de son plan d'action résolument offensif : gagner des parts de marché, dépenser moins, vendre davantage les lignes téléphoniques, se concentrer sur les objectifs primordiaux de la boîte. Celui-ci passe par un «meilleur recouvrement», à savoir sans complaisance. Le but étant de faire en sorte que la rentabilité ne soit pas inférieure à 5%. Bref, il ,a plaidé pour un meilleur usage des moyens engagés.

En outre, il nécessite de restaurer à tout prix l'«équilibre financier> longtemps perdu au vu du lourd passif des deux entités estimé à plus d'une cinquantaine de milliards de nos francs. Donc, aux yeux de tous, le challenge consiste pour Gabon Télécom de redevenir crédible et solvable, grâce à sa propre capacité de aire face à ses engagements. Ce, en payant dans les délais les fournisseurs. Au final, l'entreprise doit gagner en «autonomie» globale, de sorte qu'elle exploite au mieux les convergences technologiques et facilite l' accès de tous au «service universel», dans le domaine du fixe et du mobile. En d' autres termes, le grand défi désormais est d'emmener le téléphone dans chaque famille.

Enfin, à cette occasion, il est bon de doter que M. Laarabi a tenu à se présenter parmi les salariés en véritable patron. Soucieux de balayer d'un revers de la main les clichés reçus dans l'inconscient collectif, du «patron» autocrate, froid et solitaire, qui peut licencier l'employé sans fondement objectif. Mais plutôt, ici, il s'est agi de parler le même langage.

Source : Journal L'Union Plus du 22 Mars 2007

 



   

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