ENTREPRISE
Gabon
Télécom ; Laarabi parie sur un climat de
confiance générale face à l'avenir
Un peu plus d'un mois après la
fin du processus de privatisation de Gabon
Télécom, repris par le Groupe Maroc Télécom, son
nouveau patron, Mostapha Laarabi, est descendu
du 6è étage du siège pour aller à la rencontre
de la base. Son message : « rester concentré sur
les objectifs de l'entreprise».
SON
bureau ? Une simple table sur laquelle est posé
un ordinateur, des piles de documents sur le
secteur pointu des télécommunications la réalité
de l'entreprise, ainsi que les audits effectués
concernant le patrimoine matériel et immobilier
de Gabon Télécom... Au sol, point de moquette,
rompant ainsi avec l' atmosphère feutrée de
jadis, remarquable par la présence de rideaux
épais au mur, ainsi que de trois splits
extrêmement performants.
A ce propos, avant-hier, on a
noté qu'il n'en reste plus qu'un seul pour
alimenter cet espace spacieux. Ce détail n'est
pas banal. Au contraire, il peut être un indice
significatif, sur la base duquel chacun va
vérifier que le nouveau patron s'engage à faire
ce qu'il dit pour loger tout le monde à la même
enseigne. D' ailleurs, vendredi 16 mars, la «
transparence » est l'un de ses maîtres-mots,
répété plusieurs fois dans le discours développé
devant les 1400 employés issus de Libertis et
Gabon Télécom, appelés dorénavant à former une
seule et unique entité, placée sous l'autorité
de M. Mostapha Laarabi.
Première rencontre avec
l'ensemble du personnel, depuis que le Groupe
Maroc Télécom a acquis 51 % des parts dans Gabon
Télécom, contre 49% pour l' Etat gabonais, elle
intervient après plusieurs réunions tenues avec
les responsables nationaux et expatriés de
l'entreprise. Objectif avoué par le directeur
général: « se faire connaître » de tous et
entreprendre de «connaître» les salariés. Ces
derniers ont apprécié la démarche. Pour lui, une
telle rencontre était devenue indispensable,
même s'il souhaitait la tenir un peu plus tard,
pour dissiper les zone d'ombre volontairement
entretenues par la peur du changement de cap et
du renouvellement des énergies perceptible chez
nombre d employés accrochés à leurs positions et
titres, sans prendre en compte la raison de
vivre de l'entreprise.
L'héritage de gestion n'est
pas reluisant. C'est peu dire, étant donné
qu'«elle est connue de tous» d'après M.
Laarabi expliquant qu'«elle n'est très bonne».
Ajuste titre, si l'on s'en tient au simple fait
que Libertis, pour ne pas la citer, a perdu à
elle seule en 2005 pas moins de 2 milliards de
FCFA. En 2006, également, ces pertes financières
sont allées crescendo. Par contre, ce que tous
ne connaissaient pas d'avance, c'est la
stratégie de la nouvelle équipe pour changer
cette donne négative d'ensemble, mais curieuse
dans un secteur des télécommunications jugé
rentable à l'échelle mondiale.
Dores et déjà, il fait savoir
que des audits pour mieux connaître l' état des
lieux ont été menés à leur terme, dans le même
souci de «transparence» en vue d'une meilleure
lisibilité de l' avenir. Il est plausible,
depuis un mois, que la direction générale a
marqué de bons points sur le terrain de la
rigueur au travail.
Par le passé, ce n'était ni
la marque de Libertis, ni celle de Gabon
Télécom. A ce jour, « les indicateurs de
gestion sont encourageants» assure le
patron en se gardant volontiers d'aller en
détails sous les yeux de la concurrence.
Du coin, Mostapha Laarabi a
laisse percer les grandes lignes de son plan
d'action résolument offensif : gagner des parts
de marché, dépenser moins, vendre davantage les
lignes téléphoniques, se concentrer sur les
objectifs primordiaux de la boîte. Celui-ci
passe par un «meilleur recouvrement», à savoir
sans complaisance. Le but étant de faire en
sorte que la rentabilité ne soit pas inférieure
à 5%. Bref, il ,a plaidé pour un meilleur usage
des moyens engagés.
En outre, il nécessite de
restaurer à tout prix l'«équilibre financier>
longtemps perdu au vu du lourd passif des
deux entités estimé à plus d'une cinquantaine de
milliards de nos francs. Donc, aux yeux de tous,
le challenge consiste pour Gabon Télécom de
redevenir crédible et solvable, grâce à sa
propre capacité de aire face à ses engagements.
Ce, en payant dans les délais les fournisseurs.
Au final, l'entreprise doit gagner en
«autonomie» globale, de sorte qu'elle exploite
au mieux les convergences technologiques et
facilite l' accès de tous au «service
universel», dans le domaine du fixe et du
mobile. En d' autres termes, le grand défi
désormais est d'emmener le téléphone dans chaque
famille.
Enfin, à cette occasion, il
est bon de doter que M. Laarabi a tenu à se
présenter parmi les salariés en véritable
patron. Soucieux de balayer d'un revers de la
main les clichés reçus dans l'inconscient
collectif, du «patron» autocrate, froid et
solitaire, qui peut licencier l'employé sans
fondement objectif. Mais plutôt, ici, il s'est
agi de parler le même langage.