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Le quotidien l'Union du 22 Mars 2007

 

PORT-GENTIL / AUGMENTATION DES PRIX DE CARBURANTS

Les usagers de taxi à la peine

Les Portgentillais passent actuellement des moments difficiles du fait de la grève observée par les taximen réagissant à la suite de la révision à la hausse des tarifs d'essence et du gasoil décidée récemment. La situation est d'autant plus critique qu'il n'existe pas un trafic important des transporteurs péri-urbains communément appelés 'clandos"comme à Libreville.

LES taximen exerçant dans la cité pétrolière observent actuellement un mouvement d'humeur en réaction à l'augmentation des prix du carburant (gasoil et super) à la pompe. Depuis lundi dernier, les riverains peu ou prou avertis font donc les frais de cette grève qui, selon certains taximen, ne sera levée que "lorsque les autorités compétentes déciderons de valider leur requête". A savoir, entre autres, une majoration de 100 % des tarifs de transport.

Il faut dire qu'à l'instar de Libreville, l'ambiance de ce mouvement est nettement perceptible. Les grappes humaines se forment à tous les carrefours, avec son corollaire : de longues heures. d'attente. Et pour ne pas être en retard à leurs lieux de travail pour les uns et les autres à l'école, il n' y a pas d'autre alternative que de marcher.

Les élèves qui poursuivent encore les cours dans certains établissements secondaires sont vraiment à la peine. Contrairement à ceux de Libreville, les Portgentillais souffrent de l'inexistence criarde des transporteurs périurbains, appelés communément "clandos". Et préfèrent alors emprunter, pour les plus résistants, les grands boulevards de la ville qu'ils longent à longueur de journées.

Cette situation engendre une désolation quasi collective d'un grand nombre d'habitants de la capitale économique qui ne savent plus à quel saint se vouer s'accrochant à l'espoir de voir cette situation se régler le plus rapidement.

N'étant pas au fait de l'avis lancé sous forme de préavis de grève, certains ont été carrément surpris dès lundi dernier de constater l'absence des taxis sur les artères. Ceux qui circulaient préféraient être seuls plutôt qu'embarquer. Pour ne pas se désolidariser des autres.

"Ce qui est très désolant pour nous" affirme un compatriote, las d'attendre pendant de longues heures sous le soleil ardent de tous ces jours-ci. Il sied de préciser que si beaucoup n'ont pas été informés de I action que se proposaient de mener les taximen, c'est tout simplement parce que l'information a été véhiculée de façon informelle. Le collectif de chauffeurs de taxis n'ont pas choisi le canal officiel local que constitue la radio et la télé nationales : ils ont fait usage du téléphone arabe (le bouche-à-oreille) pour diffuser l'information.

On peut dire que les taximen qui se sont d'ailleurs regroupés, à la faveur d'une réunion lundi dernier, ont montré toute leur détermination à aller jusqu'au bout de leur action. "Depuis que le gouvernement a revu à la hausse les prix de carburants, il nous est vraiment difficile de nous retrouver dans nos comptes comme par le passé"; selon les allégations de Ben, un des protestataires. Comme ses collègues, il constate que ses recettes et ses économies ont effectué une plongée.

Les taximen exigent ainsi la révision de la mesure gouvernementale. "Sinon, nous multiplierons chaque trajet par deux et au lieu de 1000 francs, le prix de la course passera du simple au double"; ont-ils averti. Les plus chanceux arrivent à les emprunter moyennant une mise peu habituelle.

On en est encore là, dans l'attente d'une solution qui épargnerait ceux qui n'ont pas le moyen de locomotion autonome et dépendant du transport en commun. On vit de cet espoir !

Source : Journal L'Union Plus du 22 Mars 2007

 



   

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