PORT-GENTIL / AUGMENTATION DES
PRIX DE CARBURANTS
Les
usagers de taxi à la peine
Les Portgentillais passent
actuellement des moments difficiles du fait de
la grève observée par les taximen réagissant à
la suite de la révision à la hausse des
tarifs d'essence et du gasoil décidée récemment.
La situation est d'autant plus critique qu'il
n'existe pas un trafic important des
transporteurs péri-urbains communément appelés
'clandos"comme à Libreville.
LES taximen exerçant dans la
cité pétrolière observent actuellement un
mouvement d'humeur en réaction à l'augmentation
des prix du carburant (gasoil et super) à la
pompe. Depuis lundi dernier, les riverains peu
ou prou avertis font donc les frais de cette
grève qui, selon certains taximen, ne sera levée
que "lorsque les autorités compétentes
déciderons de valider leur requête". A
savoir, entre autres, une majoration de 100 %
des tarifs de transport.
Il faut dire qu'à l'instar de
Libreville, l'ambiance de ce mouvement est
nettement perceptible. Les grappes humaines se
forment à tous les carrefours, avec son
corollaire : de longues heures. d'attente. Et
pour ne pas être en retard à leurs lieux de
travail pour les uns et les autres à l'école, il
n' y a pas d'autre alternative que de marcher.
Les élèves qui poursuivent
encore les cours dans certains établissements
secondaires sont vraiment à la peine.
Contrairement à ceux de Libreville, les
Portgentillais souffrent de l'inexistence
criarde des transporteurs périurbains, appelés
communément "clandos". Et préfèrent alors
emprunter, pour les plus résistants, les grands
boulevards de la ville qu'ils longent à longueur
de journées.
Cette situation engendre une
désolation quasi collective d'un grand nombre
d'habitants de la capitale économique qui ne
savent plus à quel saint se vouer s'accrochant à
l'espoir de voir cette situation se régler le
plus rapidement.
N'étant pas au fait de l'avis
lancé sous forme de préavis de grève, certains
ont été carrément surpris dès lundi dernier de
constater l'absence des taxis sur les artères.
Ceux qui circulaient préféraient être seuls
plutôt qu'embarquer. Pour ne pas se
désolidariser des autres.
"Ce qui est très désolant
pour nous" affirme un compatriote, las
d'attendre pendant de longues heures sous le
soleil ardent de tous ces jours-ci. Il sied de
préciser que si beaucoup n'ont pas été informés
de I action que se proposaient de mener les
taximen, c'est tout simplement parce que
l'information a été véhiculée de façon
informelle. Le collectif de chauffeurs de taxis
n'ont pas choisi le canal officiel local que
constitue la radio et la télé nationales : ils
ont fait usage du téléphone arabe (le
bouche-à-oreille) pour diffuser l'information.
On peut dire que les taximen
qui se sont d'ailleurs regroupés, à la faveur
d'une réunion lundi dernier, ont montré toute
leur détermination à aller jusqu'au bout de leur
action. "Depuis que le gouvernement a revu à
la hausse les prix de carburants, il nous est
vraiment difficile de nous retrouver dans nos
comptes comme par le passé"; selon les
allégations de Ben, un des protestataires. Comme
ses collègues, il constate que ses recettes et
ses économies ont effectué une plongée.
Les taximen exigent ainsi la
révision de la mesure gouvernementale. "Sinon,
nous multiplierons chaque trajet par deux et
au lieu de 1000 francs, le prix de la course
passera du simple au double"; ont-ils
averti. Les plus chanceux arrivent à les
emprunter moyennant une mise peu habituelle.
On en est encore là, dans
l'attente d'une solution qui épargnerait ceux
qui n'ont pas le moyen de locomotion autonome et
dépendant du transport en commun. On vit de cet
espoir !