DROIT AU BUT
Affaire
argent !
DEUX faits, tournant autour
de l'argent, nous préoccupent dans la chronique
de cette semaine. Il s'agit d'une art de la
grève des arbitres Z week-end dernier et même
avant et, d'autre part, du partage de l'areent
qui est revenu au finaliste malheureux de la
coupe de la Cémac, disputée à N'Djaména, au
Tchad, le vendredi 16 mars dernier.
Il ne se passe plus une
saison sans que les arbitres, véritables dindons
de la farce, ne rangent leur sifllet pour
demander leurs perdiems. Acteurs incontournables
dans le football, les hommes en noir doivent
pourtant faire l'objet d'une attention
particulière. Sans eux, on ne peut parler de
football de performance, donc de haut niveau. Or
nous constatons, et c'est vraiment dommage,
qu'on traite leur problème avec une certaine
condescendance doublée d'un mépris injustifié.
Pourtant pour éviter que le
championnat ne connaisse des perturbations, les
clubs de D1 auraient, selon plusieurs sources
dignes de foi, fait une collecte au profit
justement des arbitres, après perception de leur
subvention.
Ils auraient ainsi pu réunir
une somme de 9 millions de francs CFA. Cette
somme aurait été mise à la disposition de la
Fédération gabonaise de football (Fégafoot),
selon les mêmes sources. Pour en finir une bonne
fois pour toute avec cette histoire, il
aurait suffi alors à la Fégafoot d'ajouter à
cette somme, 6 millions, pour avoir 15 millions,
montant estimatif des frais d'arbitrage et du
transport des officiels. C'est vrai que l'étude
faite par l'ancienne équipe fédérale est
peut-être dépassée aujourd'hui, mais avec une
telle somme, on pouvait avancer.
Donc si les arbitres ont été
contraints de ranger leur sifflet, c'est que les
9 millions n'ont pas encore échu aux
ayants-droit. Et la situation risque d'aller
pourrissant. La Fégafoot qui ne doit pas quand
même tout attendre de l'Etat, devrait songer à
régler ce problème, elle qui reçoit une
subvention de la Fifa. Il s'agit donc d'une
vilaine épine qu'elle se doit d'extraire, pour
éviter la paralysie.
C'est bien connu, et c'est là
notre seconde préoccupation, les Gabonais ont le
sens du partage. Mais tout de même, il ne faut
pas pousser le bouchon. De quoi s'agit-il ? me
direz-vous. Il vous souviendra que depuis la
naissance de la Coupe de la Cémac, des
enveloppes consistantes sont remises aux trois
premiers de l'épreuve. Ainsi, le vainqueur
empoche 15 millions de francs CFA, le finaliste
malheureux 10 millions et le troisième se
contente de 5 millions.
Lors de la dernière
compétition disputée au Tchad, le Gabon classé
deuxième a donc empoché 10 millions. Mais là ou
le bât blesse, c'est que des esprits
suffisamment éclairés auraient exigé que l'on
fasse le partage entre tous les membres de la
délégation à N'Djaména même. Ce qui, convenons
en ne fait pas sérieux du tout. Car il n'est pas
établi qu'on doit obligatoirement partager cet
argent comme au village. Est-ce à dire que si
l'équipe remporte une Coupe d'Afrique par
exemple, on va se mettre à partager l'enveloppe
? Non, il y a une clé de répartition qui existe
ou qui doit être mise en place.
L'Etat qui finance toutes les
compétitions doit à travers le Trésor public
percevoir un pourcentage fut-il minime. Il en
est de même pour la Fégafoot, les ligues et même
les clubs si l'enveloppe est importante, etc.
C'est comme quand on « vend » un joueur, toute
la chaîne de formation doit recevoir quelque
chose. On ne doit pas imaginer un seul instant
que l'Etat sorte de l'argent en pure perte ou
que les ligues et les clubs travaillent
inutilement!
Nous terminons pour dire que
lorsque les équipes nationales vont en
compétitions, l'Etat gabonais s'occupe des frais
de transport, d'hébergement, de restauration et
les perdiems pour tout le monde. Il finance donc
tout, qu'on perde ou qu'on gagne. Dans ces
conditions, l'argent remporté par l'équipe ne
doit pas bénéficier aux seuls joueurs et autres
accompagnateurs. Il doit être partagé selon une
clé de répartition. C'est comme cela que ça se
passe dans les autres pays, ou dans les nations
civilisées!
Dernière chose. Nous avons
appris à la conférence de presse animée ,
dernièrement, et conjointement par le ministère
des Sports et la Fégafoot, que l'Etat avait mis
en place un budget de 159 millions de francs
CFA, pour la phase finale de la Can cadets,
disputée au Togo. Cette somme devait couvrir la
phase de poules jusqu'en finale. Notre équipe
ayant été éliminée au premier tour, il va sans
dire qu'il devrait y avoir un reste d'argent. On
espère donc que les heureux voyageurs ne se sont
pas partage le reliquat !